Dhammapada Verset 46

Celui qui sait que ce corps est impermanent comme de l’écume, et qui comprend qu’il est sans substance comme un mirage, coupera les flèches de Mara (c’est-à-dire le cycle de la passion, du kamma et des effets), et passera au-delà de la mort.

L’histoire du Bhikkhu qui contemple le corps comme un mirage

Alors qu’il résidait au monastère de Jetavana, le Bouddha prononça le verset 46 en référence à un certain bhikkhu.

Une fois, un certain bhikkhu, après avoir pris un sujet de méditation du Bouddha, se rendit dans la forêt. Bien qu’il ait fait de gros efforts, il n’avait guère progressé dans sa méditation ; il décida donc de retourner voir le Bouddha pour recevoir de nouvelles instructions. Sur le chemin du retour, il vit un mirage qui, après tout, n’était qu’une apparence illusoire d’une nappe d’eau. À cet instant, il se rendit compte que le corps aussi était sans substance, comme un mirage. C’est ainsi qu’en gardant son esprit sur l’insignifiance du corps, il se rendit sur la rive du fleuve Aciravati. Alors qu’il était assis sous un arbre près de la rivière, voyant les écumes se briser et disparaître, il réalisa la nature impermanente du corps.

Le Bouddha apparut dans sa vision et lui dit : « Mon fils, tout comme tu l’as réalisé, ce corps est impermanent comme l’écume et sans substance comme un mirage. »

Puis le Bouddha dit :

Celui qui sait que ce corps est impermanent comme de l’écume, et qui comprend qu’il est sans substance comme un mirage, coupera les flèches de Mara (c’est-à-dire le cycle de la passion, du kamma et des effets), et passera au-delà de la mort.

À la fin du discours, le bhikkhu atteignit l’Éveil.

Quelques réflexions …..

Nous considérons généralement le corps comme une entité, solide et constante, mais lorsque nous méditons, nous réalisons qu’il s’agit en fait d’un ensemble d’organes qui travaillent de manière collaborative pour maintenir la vie. Ce corps change constamment, car des réactions chimiques ont lieu dans chacune des cellules. Il est constitué d’éléments qui se déplacent constamment de l’extérieur vers l’intérieur, puis sont traités et éliminés vers l’extérieur.  Ce corps n’a pas d’essence indépendante, c’est un processus et non une entité stable, le corps est comme un mirage.

Notre esprit est similaire, nous sommes conscients des états d’esprit et des émotions qui surgissent et qui, après un certain temps, cessent. Ils ne font pas partie de ce que nous sommes mais sont juste des phénomènes fugaces auxquels nous ne pouvons pas nous identifier. Encore une fois, elles sont comme un mirage.

Cette prise de conscience souligne le fait que tout ce que nous prenons pour moi et mien, est en fait sans réelle substance. 

Une fois que nous pouvons voir clairement le désir et l’attachement disparaître, nous réalisons que les choses que nous désirons et auxquelles nous sommes attachés sont également sans substance et qu’elles sont impermanentes.