Dhammapada Verset 285

Coupez les liens de la sensualité comme on coupe une fleur d’automne. Cultivez la Voie qui mène à la libération (Nibbana), la Voie enseignée par le Bouddha.

L’histoire d’un Vénérable qui avait été orfèvre

Alors qu’il résidait au monastère de Jetavana, le Bouddha prononça le verset 285, à propos d’un bhikkhu, élève de Vénérable Sariputta.

Un jour, un jeune et beau fils d’un orfèvre fut admis dans l’Ordre par Vénérable Sariputta. Il lui donna la répugnance du corps mort comme sujet de méditation. Le jeune moine partit dans la forêt et y pratiqua la méditation, mais il fit très peu de progrès. Il retourna donc deux fois vers son enseignant pour obtenir de nouvelles instructions. Il ne fit toujours pas de progrès. Vénérable Sariputta emmena le jeune bhikkhu auprès du Bouddha et lui raconta tout ce qui le concernait.

Le Bouddha savait que le jeune bhikkhu était le fils d’un orfèvre et qu’il était né dans une famille d’orfèvres au cours de ses cinq cents dernières existences. Il changea le sujet de méditation du jeune bhikkhu ; au lieu de la répugnance du corps, il lui dit de méditer sur le plaisir. Avec son pouvoir surnaturel, le Bouddha créa une belle fleur de lotus aussi grande qu’une roue de charrette et demanda au jeune bhikkhu de la placer sur le monticule de sable juste à l’extérieur du monastère. Le jeune bhikkhu, en se concentrant sur la grande, belle et odorante fleur de lotus, put se débarrasser des obstacles. Il fut rempli d’une joie profonde et progressa pas à pas jusqu’à atteindre le quatrième niveau d’absorption mentale profonde (jhana).

Le Bouddha l’aperçut depuis le monastère et, grâce à son pouvoir surnaturel, il fit faner la fleur instantanément. En voyant la fleur se faner et changer de couleur, le bhikkhu perçut la nature impermanente de la fleur et de toutes les autres choses et êtres. Cela le conduisit à réaliser l’impermanence, l’insatisfaction et l’insubstantialité de toutes les choses conditionnées. À cet instant, le Bouddha par son pouvoir surnaturel apparut comme en personne au jeune bhikkhu et lui donna l’instruction de déraciner l’avidité et le désire.

Puis le Bouddha dit :

Coupez les liens de la sensualité comme on coupe une fleur d’automne. Cultivez la Voie qui mène à la libération (Nibbana), la Voie enseignée par le Bouddha.

À la fin du discours, le jeune moine atteignit l’Éveil.

Quelques réflexions …..

Ce verset est intéressant, car il montre la puissance des tendances latentes. Le jeune bikkhu était tellement habitué à être entouré de belles choses dans sa vie laïque qu’il ne pouvait pas concentrer son esprit sur des objets repoussants et ne pouvait donc pas progresser dans sa méditation. Cependant, une fois qu’il a atteint un niveau de calme profond, il a pu comprendre et accepter que tout finit par se transformer en un état qui provoque la répulsion.

Nous avons tous des tendances latentes et bien sûr, nous ne sommes pas conscients de leur existence, il faut beaucoup de vigilance pour pouvoir détecter leur présence et leur force ; cependant, comme dans cette histoire, elles sont très puissantes et les éradiquer demande beaucoup de temps et de patience. Mais cela demande aussi beaucoup de sérénité, lorsque nous méditons, l’esprit devient calme et ouvert, dans cet état, il est beaucoup plus facile de voir les tendances latentes.