Dhammapada Verset 161

Le mal qu’un être insensé a commis, par lui-même et de lui-même, le broie tout comme un diamant broie le rocher dont il est extrait.

L’histoire de Mahakala Upasaka

Alors qu’il résidait au monastère de Jetavana, le Bouddha prononça le verset 161, en référence à Mahakala, un disciple laïc.

Un jour d’Uposatha*, Mahakala, un disciple laïc, se rendit au monastère de Jetavana. Ce jour-là, il observa les huit préceptes moraux et écouta des enseignements sur le Dhamma toute la nuit. Cette même nuit, des voleurs s’aventurèrent furtivement dans une maison mais réveillèrent les propriétaires qui les poursuivirent. Les voleurs s’enfuirent dans toutes les directions. Certains coururent en direction du monastère. L’aube approchait, et Mahakala se lavait le visage à l’étang près du monastère. Les voleurs déposèrent leur butin prés de lui et s’enfuirent. Lorsque les propriétaires arrivèrent, ils virent Mahakala avec les biens volés. Le prenant pour l’un des voleurs, ils crièrent, le menacèrent et le battirent violemment. Il mourut sur place. Tôt le matin, lorsque de jeunes bhikkhus et samaneras (novices) du monastère vinrent chercher de l’eau à l’étang, ils virent le cadavre.

De retour au monastère, ils rapportèrent ce qu’ils avaient vu et dirent au Bouddha : « Vénérable Seigneur ! Le disciple laïc qui était dans ce monastère pour écouter les enseignements toute la nuit a rencontré une mort qu’il ne méritait pas. » Il leur répondit : « Bhikkhus ! Si vous jugez des bonnes actions qu’il a faites dans cette existence, il a effectivement rencontré une mort qu’il ne méritait pas. Mais le fait est qu’il a seulement payé pour le mal qu’il avait fait dans une existence antérieure. Dans une de ses existences antérieures, alors qu’il était courtisan au palais du roi, il était tombé amoureux de la femme d’un autre homme et battit son mari à mort. Ainsi, les mauvaises actions ne manquent pas de nous attirer des ennuis ; elles nous conduisent même aux quatre apayas (enfers). »

Puis le Bouddha dit :

Le mal qu’un être insensé a commis, par lui-même et de lui-même, le broie tout comme un diamant broie le rocher dont il est extrait.

* Uposatha (sanskrit : Upavasatha) est un jour d’observance bouddhiste, qui existe depuis l’époque du Bouddha (600 avant J.-C.) et qui est toujours observé aujourd’hui par les pratiquants bouddhistes.

Quelques réflexions …..

Nous avons parfois l’impression, lorsque nous commençons à méditer, que nous devenons des personnes pires qu’avant, que toutes sortes de mauvaises pensées apparaissent qui n’étaient pas là auparavant, mais ce qui se passe réellement, c’est que nous voyons les pensées que nous avons habituellement d’une manière différente. Avant de commencer à méditer, nous avons tendance à penser et à agir selon nos vieilles habitudes et les normes de la société, mais soudain, nous regardons ces pensées et ces actes et nous avons du mal à croire que nous pouvons avoir de telles pensées ou agir de cette manière. C’est très inconfortable et certaines personnes arrêtent de méditer parce qu’elles ne veulent pas voir cela, elles ne peuvent le supporter. En fait, nous prenons conscience de la façon dont le mal nous accable et nous oppresse.

Cependant, si nous sommes assez patients pour nous engager dans ce processus encore et encore, nous pouvons nous débarrasser de ces schémas de pensée, nous purifier et nous libérer. Il n’y a pas de baguette magique, il faut de la patience, du dévouement et de la persévérance.