Dhammapada Verset 392

La personne qui t’a transmis l’enseignement du Bouddha, mérite que tu lui rendes respectueusement hommage, comme un brahmane rend hommage au feu du sacrifice.

L’histoire de Vénérable Sariputta

Alors qu’il résidait au monastère de Jetavana, le Bouddha prononça le verset 392 à propos du Vénérable Sariputta.

Le Vénérable Sariputta est né de parents brahmanes du village d’Upatissa ; c’est pourquoi il fut nommé Upatissa. Sa mère était Sari. Son ami très proche était Kolita, un autre jeune brahmane, fils de Moggali. Les deux jeunes hommes étaient à la recherche de la doctrine qui leur permettrait de se libérer de la ronde des renaissances, et tous deux avaient un grand désir d’entrer dans un ordre religieux. Ils allèrent d’abord voir Sancaya, mais ils ne furent pas satisfaits de son enseignement. Ils errèrent ensuite dans tout Jambudipa à la recherche d’un maître qui leur montrerait le chemin vers le sans-mort, mais leurs recherches furent infructueuses. Après un certain temps, ils se séparèrent, mais ils firent le pacte que celui qui trouverait le vrai dhamma en premier devrait en informer l’autre.

À peu près à la même époque, le Bouddha arriva à Rajagaha avec un groupe de bhikkhus, dont Vénérable Assaji, l’un des cinq premiers bhikkhus. Upatissa le vit alors qu’il mendiait de la nourriture et fut très impressionné par son noble visage. Upatissa l’approcha donc respectueusement et lui demanda qui était son maître et quels étaient ses enseignements, il lui demanda d’expliquer brièvement sa doctrine. Vénérable Assaji raconta ensuite à Upatissa la venue du Bouddha et son séjour au monastère de Veluvana à Rajagaha. Vénérable Assaji cita également une courte stance se rapportant aux Quatre Nobles Vérités : « Le Tathagata (le Bouddha) a proclamé la cause et aussi la cessation de tous les phénomènes qui découlent d’une cause. Telle est la doctrine maintenue par le Grand Samana. »

Alors que le verset n’était qu’à moitié terminé, Upatissa atteignit le premier stade de l’Éveil.

Comme promis, Upatissa alla voir son ami Kolita pour l’informer qu’il avait trouvé le vrai dhamma. Puis les deux amis, accompagnés de deux cent cinquante disciples, se rendirent auprès du Bouddha qui se trouvait alors à Rajagaha. Lorsqu’ils arrivèrent au monastère de Veluvana, ils demandèrent la permission d’entrer dans l’ordre monastique du Bouddha, et Upatissa et Kolita, ainsi que leurs deux cent cinquante disciples, furent admis comme bhikkhus. Upatissa, fils de Sari, et Kolita, fils de Moggali, furent alors connus sous le nom de Sariputta et Moggallana. Peu après leur admission dans l’Ordre, le Bouddha leur donna un enseignement sur le dhamma et les deux cent cinquante bhikkhus atteignirent l’Éveil ; mais Moggallana et Sariputta n’atteignirent le Nibbana respectivement qu’au bout de sept jours et quinze jours. La raison de ce retard est qu’ils avaient fait le vœu d’obtenir le titre de Chef Disciple, qui exigeait beaucoup plus d’efforts pour atteindre le niveau de perfection requis.

Le Vénérable Sariputta se rappelait toujours qu’il avait pu rencontrer le Bouddha et atteindre le Sans-mort grâce au Vénérable Assaji. Ainsi, il rendait toujours hommage dans la direction où se trouvait son maître et se couchait toujours la tête dans la même direction.  Certains bhikkhus qui séjournaient avec lui au monastère de Jetavana interprétèrent mal ses actions et dirent au Bouddha : « Vénérable Seigneur ! Le Vénérable Sariputta vénère encore les différentes directions, à savoir l’Est, le Sud, l’Ouest, le Nord, le Nadir et le Zénith, comme il le faisait auparavant lorsqu’il était jeune brahmane ; il semble qu’il n’ait pas encore abandonné ses anciennes croyances. » Le Bouddha le fit venir et Sariputta lui expliqua qu’il ne faisait que rendre hommage à son maître, le Vénérable Assaji, et qu’il ne rendait pas un culte aux différentes directions. Le Bouddha, satisfait de l’explication donnée, dit aux autres bhikkhus : « Bhikkhus ! Le Vénérable Sariputta n’adorait pas les différentes directions ; il ne faisait que rendre hommage à son maître et bienfaiteur, grâce auquel il a atteint le Sans-mort. Il est tout à fait juste et approprié de rendre hommage à un tel maître. »

Puis le Bouddha dit :

La personne qui t’a transmis l’enseignement du Bouddha, mérite que tu lui rendes respectueusement hommage, comme un brahmane rend hommage au feu du sacrifice.

Quelques réflexions …..

Être reconnaissant et respectueux n’est pas quelque chose de facile pour les Occidentaux. Nous sommes habitués à nous considérer comme égaux aux autres, quels qu’ils soient et quoi qu’ils aient pu faire pour nous. Lorsque nous apprenons à devenir humbles, être reconnaissants et respectueux devient naturel. Nous ne sommes pas indépendants comme la société voudrait nous le faire croire, nous sommes interdépendants. Nous devrions être reconnaissants envers les personnes qui cultivent nos aliments, fabriquent nos vêtements, nettoient nos rues et conduisent nos bus, car elles nous permettent de vivre  « ce que nous appelons » une vie décente et saine. Nous devrions donc être d’autant plus reconnaissants envers les personnes qui nous montrent, nous expliquent comment échapper à la souffrance inhérente à la vie humaine.

Cependant, il y a un piège à éviter, nous avons tendance à valoriser le messager bien plus que son message. C’est un renversement complet du bon ordre des choses. Si nous devons considérer les enseignants du Dharma avec respect et gratitude, combien plus encore devrions-nous vénérer le Dhamma lui-même.