Dhammapada Verset 389 -390

On ne doit pas frapper un brahmana* ; un brahmana ne doit pas se mettre en colère contre son agresseur ; honte à celui qui frappe un brahmana ; plus grande honte au brahmana qui se met en colère contre son agresseur.

Pour un brahmana, il n’y a aucun avantage à ne pas retenir la colère à laquelle son esprit est enclin. Plus l’intention de nuire diminuera, plus sa souffrance s’apaisera.

* brahmane ou brahmana dans ce chapitre signifie celui qui est déterminé à atteindre l’Éveil ou qui en est proche.

L’histoire de Vénérable Sariputta

Alors qu’il résidait au monastère de Jetavana, le Bouddha prononça les versets 389 et 390 à propos du Vénérable Sariputta.

Le Vénérable Sariputta était souvent loué pour sa patience et sa retenue. Ses étudiants disaient généralement de lui : « Notre maître est un homme d’une grande patience et d’une extrême endurance. S’il est maltraité ou même battu par les autres, il ne perd pas son sang-froid mais reste calme et posé. »

Comme on disait souvent cela du Vénérable Sariputta, un brahmane aux vues erronées déclara aux admirateurs de Sariputta qu’il allait provoquer sa colère. À ce moment-là, le Vénérable, qui mendiait sa nourriture, arriva ; le brahmane le poursuivit et le frappa durement dans le dos avec sa main. Le Vénérable ne regarda même pas autour de lui pour voir qui était la personne qui l’avait frappée, mais continua son chemin comme si de rien n’était. En voyant la magnanimité et la grande force de caractère du noble Vénérable, le brahmane fut très affecté. Il se mit à genoux à ses pieds, admit qu’il l’avait frappé à tort et demanda pardon. Le brahmane poursuivit alors : « Vénérable Seigneur, si vous me pardonnez, ayez la bonté de venir chez moi pour un repas. »

Le soir, certains bhikkhus rapportèrent au Bouddha que le Vénérable Sariputta était allé prendre un repas chez le brahmane qui l’avait frappé. De plus, ils observèrent que le brahmane allait certainement s’enhardir et risquait d’agresser d’autres bhikkhus également. Le Bouddha répondit : « Bhikkhus, un vrai brahmane ne bat pas un autre vrai brahmane ; seul un homme ordinaire ou un brahmane ordinaire peut battre un Être Éveillé par colère et par méchanceté. Cette malveillance devrait être éradiquée au premier stade de l’Éveil »

Puis le Bouddha dit :

On ne doit pas frapper un brahmana* ; un brahmana ne doit pas se mettre en colère contre son agresseur ; honte à celui qui frappe un brahmana ; plus grande honte au brahmana qui se met en colère contre son agresseur.

Pour un brahmana, il n’y a aucun avantage à ne pas retenir la colère à laquelle son esprit est enclin. Plus l’intention de nuire diminuera, plus sa souffrance s’apaisera.

Quelques réflexions …..

Ne pas blesser et surtout ne pas tuer – est un enseignement fondamental du dharma. Le Bouddha nous donne un exemple de deux formes de violence – la blessure : l’action extérieure sous la forme d’un mal physique, et la violence intérieure, mentale, sous la forme de la colère.

La racine de la violence est l’égoïsme. Nous voulons la célébrité, l’approbation, les biens matériels et nous ressentons de la colère pour toute personne ou tout objet ou circonstance qui se trouve sur notre chemin vers notre objectif et nous les traitons avec violence physique ou verbale.

Lorsque nous réalisons que cette attitude nous nuit autant, sinon plus, qu’elle nuit à l’objet de notre colère et que nous comprenons que toutes les formes de vie ont un droit égal à l’air que nous respirons, nous parvenons à vivre en harmonie avec le monde et ses innombrables expressions déconcertantes.