Dhammapada Verset 182

Difficile est de naître dans le monde des humains ; difficile est la vie des mortels ; difficile d’avoir la chance d’entendre l’enseignement des Bouddhas (Dhamma) ; rare est l’apparition d’un bouddha.

L’histoire d’Erakapatta, le roi des nagas

Alors qu’il résidait près de Baranasi, le Bouddha prononça le verset 182, en référence à Erakapatta, un roi des nagas (dragons).

Il y avait autrefois un roi naga du nom d’Erakapatta. Dans une de ses existences passées, à l’époque du Bouddha Kassapa, il avait été un bhikkhu pendant longtemps. À cause d’une inquiétude concernant une infraction mineure qu’il avait commise à cette époque, il renaquit sous la forme d’un naga. En tant que naga, il attendit l’apparition d’un Bouddha. Erakapatta avait une très belle fille, et il l’utilisa comme moyen de trouver le Bouddha. Il fit savoir que celui qui pourrait répondre à ses questions pourrait la réclamer comme épouse. Deux fois par mois, Erakapatta la faisait danser en plein air et chanter ses questions. De nombreux prétendants venaient répondre à ses questions dans l’espoir de l’obtenir, mais personne ne pouvait donner la bonne réponse.

Un jour, le Bouddha vit dans sa vision un jeune homme nommé Uttara. Il savait également que ce jeune atteindrait la réalisation de Sotapatti (entrée dans le courant) grâce aux  questions posées par la fille d’Erakapatta le naga. À ce moment-là, le jeune était déjà en route pour aller voir la fille d’Erakapatta. Le Bouddha l’arrêta et lui enseigna comment répondre aux questions. Pendant qu’il recevait cet enseignement, Uttara atteignit la réalisation de Sotapatti. Maintenant qu’Uttara avait atteint ce stade, il n’avait aucun désir pour la princesse naga. Cependant, Uttara alla quand même répondre aux questions pour le bénéfice de nombreux autres êtres.

Les quatre premières questions étaient les suivantes

1. Qui est un être noble ?

2. Celui qui est submergé par le brouillard des souillures morales peut-il être appelé un être noble ?

3. Quel être noble est libre de toute souillure morale ?

4. Quelle sorte de personne doit-on appeler un insensé ?

Les réponses aux questions ci-dessus étaient :

1. Celui qui contrôle les six sens est un être noble.

2. Celui qui est submergé par le brouillard des souillures morales ne doit pas être appelé un être noble ; celui qui est libre de toute envie est appelé un être noble.

3. L’être noble qui est libre de l’envie est libre des souillures morales.

4. Une personne qui aspire aux plaisirs sensuels est appelée un insensé.

Ayant eu les réponses correctes à ce qui précède, la princesse naga posa des questions concernant les flots du désir sensuel, de la renaissance, de la fausse doctrine et de l’ignorance, et comment elles pouvaient être surmontées. Uttara répondit à ces questions comme l’enseignait le Bouddha.

Quand Erakapatta entendit ces réponses, il sut qu’un Bouddha était apparu dans ce monde. Il demanda donc à Uttara de le conduire auprès du Bouddha. En voyant le Bouddha, Erakapatta lui raconta comment il avait été un bhikkhu à l’époque du Bouddha Kassapa, comment il avait accidentellement cassé un brin d’herbe en voyageant en bateau, et comment il s’était inquiété de cette petite offense pour avoir omis de faire l’acte d’exonération comme prescrit, et enfin comment il renaquit en tant que naga. Après l’avoir entendu, le Bouddha lui dit combien il était difficile de naître dans le monde humain, et de naître pendant l’apparition des Bouddhas ou d’avoir l’opportunité d’entendre leurs enseignements.

Puis le Bouddha dit :

Difficile est de naître dans le monde des humains ; difficile est la vie des mortels ; difficile d’avoir la chance d’entendre l’enseignement des Bouddhas (Dhamma); rare est l’apparition d’un bouddha.

Le discours ci-dessus a bénéficié à de nombreux êtres. Erakapatta, étant un animal, ne pouvait pas atteindre le premier stade de l’Éveil à ce moment-là.

Quelques réflexions …..

La renaissance en tant qu’humain est considérée comme très bénéfique, car nous avons un esprit suffisamment développé et raffiné pour progresser vers l’Éveil. Cependant, il ne s’agit que d’un potentiel et nous devons y travailler. Nous devons saisir cette chance pour développer notre sagesse et notre éthique autant que possible, même si nous pensons que nous ne pourrons pas atteindre l’Éveil au cours de cette vie parce que lorsque nous mourons, le courant de la conscience se poursuit avec les empreintes de nos actes bons et mauvais, ses dispositions de caractère, ses tendances, son kamma.