Dhammapada Versets 294 – 295

Après avoir tué la mère (le désir), le père (l’orgueil) et les deux rois (la croyance en l’éternalisme  et la croyance nihilisme), et après avoir détruit le royaume (les organes et les objets des sens) ainsi que son trésorier (l’attachement), l’Être Noble est libéré de la souffrance.

Après avoir tué sa mère, son père, les deux rois brahmanes et détruit les obstacles dont le cinquième (le doute) est comme un chemin infesté de tigres, l’Être Noble est libéré de la souffrance.

L’histoire de Vénérable Bhaddiya, le Petit

Alors qu’il résidait au monastère de Jetavana, le Bouddha prononça les versets 294 et 295, en référence à Vénérable Bhaddiya qui était également connu sous le nom de Lakundaka Bhaddiya en raison de sa petite taille.

Un jour, quelques bhikkhus vinrent rendre visite et rendre hommage au Bouddha au monastère de Jetavana. Alors qu’ils étaient avec lui, Lakundaka Bhaddiya passa par hasard non loin d’eux. Le Bouddha attira leur attention sur le petit Vénérable et leur dit :  » Bhikkhus, regardez ce Vénérable. Il a tué à la fois son père et sa mère, et après avoir tué ses parents, il va de l’avant sans aucune souffrance. » Les bhikkhus ne comprenaient pas cette remarque donc ils prièrent le Bouddha de la clarifier. Il expliqua qu’il avait utilisé des métaphores et qu’il faisait référence à un Être Eveillé qui avait éradiqué le désir (la mère), la vanité (le père), les deux rois (les croyances erronées : l’éternalisme et nihilisme) et l’attachement (le trésorier) aux organes et aux objets des sens (le royaume).

Puis le Bouddha dit :

Après avoir tué la mère (le désir), le père (l’orgueil) et les deux rois (la croyance en l’éternalisme et la croyance nihilisme), et après avoir détruit le royaume (les organes et les objets des sens) ainsi que son trésorier (l’attachement), l’Être Noble est libéré de la souffrance.

Après avoir tué sa mère, son père, les deux rois brahmanes et détruit les obstacles dont le cinquième (le doute) est comme un chemin infesté de tigres, l’Être Noble est libéré de la souffrance.

À la fin du discours, les bikkhus atteignirent l’Éveil.

Quelques réflexions …..

Ce verset est étrange, il utilise un langage guerrier. Le Bouddha, né membre de la caste des guerriers, nous semble nous exhorter ici à la guerre intérieure.

L’avidité, le désir et l’orgueil sont comme le feu, ils consument et détruisent l’esprit. Ils sont les ennemis fidèles du sage.  

Nous pouvons le constater dans notre vie quotidienne, en nous-mêmes et chez les autres. Dès que nous convoitons quelque chose, qu’il s’agisse d’un bien matériel, d’une promotion ou d’une relation amoureuse, notre esprit se rétrécit, s’agite et ne pense pas clairement. Nous sommes aveuglés par le désir au point de faire des choses contraires à l’éthique et que nous désapprouverions si nous n’étions pas dans cet état de désir. Tout sentiment de paix intérieure est détruit, toute sagesse est jetée par la fenêtre. Seul l’objet de notre désir nous motive et nous oublions les conséquences de notre comportement pour nous-mêmes et pour les autres. Le désir égare notre jugement.

La seule façon d’atteindre la paix intérieure est de détruire le désir, de ne pas se laisser prendre aux histoires que notre esprit sait si bien nous raconter. Il ne s’agit pas de détruire les sens, mais de les garder avec vigilance et de voir que même le plus beau tableau ou la plus belle voiture, ou la promotion la plus spectaculaire, ne nous rendront pas heureux et paisibles, car ils sont impermanents et donc finalement insatisfaisants.