Suvannahamsa Jataka (#136)

Autrefois, le Bodhisatta était un canard doré. Il se souvenait de sa vie antérieure en tant qu’humain, lorsqu’il était marié et père de trois filles, et il alla voir comment se portait son ancienne famille. Il découvrit qu’après sa mort, elles étaient devenues pauvres. Il leur dit alors que, de temps en temps, il leur donnerait une plume d’or à vendre, et qu’elles n’auraient plus à endurer l’humiliation et les difficultés de travailler au service des autres.

Au bout d’un certain temps, sa famille retrouva la prospérité. Mais la veuve craignait que le Bodhisatta ne cesse de les aider, et elle décida de le plumer entièrement lors de sa prochaine visite. Dégoûtées par son avidité, les filles refusèrent d’aider leur mère, mais elle le fit malgré tout. Cependant, à son insu, toute plume arrachée contre la volonté du Bodhisatta redevenait ordinaire.

La veuve jeta alors le Bodhisatta, désormais sans plumes et incapable de voler, dans un tonneau et le nourrit. Lentement, ses plumes repoussèrent, mais elles étaient blanches et sans valeur. Dès qu’il en fut capable, il s’envola et ne revint jamais.

Dans la vie du Bouddha

Un disciple laïc du Bouddha avait offert gratuitement de l’ail à ses disciples, des femmes laïques ; elles pouvaient venir à tout moment et en prendre quelques poignées. Un jour, quatre d’entre elles vinrent, mais il n’y avait plus d’ail dans la maison. Le régisseur leur dit qu’elles pouvaient en cueillir dans le champ.

L’une des femmes, la veuve du Bodhisatta dans une vie antérieure, se montra avide et en emporta une grande quantité, ce qui mit en colère le régisseur et les trois autres disciples, qui avaient été les filles du Bodhisatta dans des vies antérieures. Après cela, elles ne furent plus autorisées à venir chercher de l’ail.

Lorsque le Bouddha apprit ce que cette disciple avait fait, il la réprimanda et raconta cette histoire afin que les autres comprennent qu’elle avait déjà fait preuve d’avidité dans le passé, et pour leur enseigner l’importance de la modération et du contentement, même si l’on possède très peu.