
Le Bodhisatta était autrefois conseiller du roi.
Un jour, alors que le roi se baignait avec certaines de ses épouses dans son parc royal, l’esclave de la reine principale s’assoupit, et un singe vola son collier de perles. Le singe le porta brièvement autour du cou avant de le cacher dans le creux d’un arbre afin d’éviter les disputes avec les autres singes.
Lorsque l’esclave se réveilla et vit que le collier avait disparu, elle tenta d’échapper au blâme en criant qu’un homme venait de s’enfuir avec le collier.
Tandis que les gardes se dispersaient à la recherche du voleur, un paysan, effrayé par l’agitation qu’il entendait depuis l’extérieur du parc, s’enfuit par prudence, sans même savoir ce qui se passait. Les gardes le virent courir et, pensant qu’il était le voleur, se lancèrent à sa poursuite.
Ils le battirent jusqu’à lui arracher des aveux. Craignant pour sa vie, le paysan affirma que le trésorier l’avait forcé à prendre le collier et qu’il le lui avait remis.
Lorsque le trésorier fut amené devant le roi, il pensa que l’implication d’un autre haut fonctionnaire finirait par prouver son innocence. Il confirma donc l’accusation et déclara avoir remis le collier au chapelain du roi.
Le chapelain avoua à son tour, de manière stratégique, et désigna le musicien en chef du palais comme son complice, pensant que cela rendrait sa captivité plus agréable. Le musicien accusa alors une prostituée pour la même raison. Celle-ci, en revanche, nia toute implication.
Le soleil se coucha avant que l’affaire ne soit résolue, et le roi décida de poursuivre l’enquête le lendemain.
Le Bodhisatta jugea improbable que le paysan ait pu pénétrer dans le parc, ni que quiconque à l’intérieur ait pu en sortir sans être vu. Il était convaincu que les cinq accusés étaient innocents et que cette chaîne d’accusations relevait d’une stratégie de défense. Il supposa qu’une femelle singe était la véritable coupable.
Il demanda et obtint la permission du roi de mener sa propre enquête. Il chargea ses serviteurs d’écouter attentivement les conversations des suspects durant la nuit, ce qui confirma leur innocence à ses yeux.
Le Bodhisatta fit alors placer des colliers de perles autour du cou, des poignets et des chevilles de nombreux singes du parc, et ordonna qu’on les surveille attentivement.
Comme il l’avait prévu, la guenon voleuse, jalouse de voir les autres parées de perles, remit le collier volé autour de son cou. Les hommes l’effrayèrent, et elle laissa tomber le collier.
Ils le rapportèrent au Bodhisatta, qui le remit au roi. Celui-ci, admiratif de sa sagesse, le combla d’éloges et de richesses.
Dans la vie du Bouddha
Un jour, un bijou disparut du turban du roi, et tous ceux qui vivaient ou travaillaient dans le palais furent fouillés, ce qui les inquiéta grandement.
Lorsque Ananda, l’un des principaux disciples du Bouddha, arriva au palais pour enseigner le dharma aux épouses du roi, il apprit ce qui s’était passé. Il proposa au roi de permettre au voleur de rendre le bijou anonymement, afin d’obtenir un résultat sans accabler des innocents. Après quelques jours, son plan réussit.
Lorsque le Bouddha entendit ses disciples parler de l’ingéniosité d’Ananda, il leur raconta cette histoire afin qu’ils sachent qu’il avait lui-même, autrefois, retrouvé habilement des bijoux perdus et épargné des innocents de toute inquiétude.
Le roi du passé était une naissance antérieure d’Ananda.
