Khantivadi Jataka (#313)

Le Bodhisatta était autrefois un ascète qui vivait seul dans l’Himalaya. Un jour, il descendit dans une ville pour se procurer du sel et du vinaigre, et il dormit dans le parc royal. Le lendemain matin, alors qu’il faisait sa tournée d’aumônes, il rencontra le commandant en chef, qui fut impressionné par son comportement.

Il l’invita chez lui pour un repas et promit de le soutenir pendant son séjour dans le parc.

Un jour, le roi s’enivra et vint dans le parc accompagné d’un groupe de danseuses et de musiciennes de son harem. Alors qu’il regardait le spectacle, le roi s’endormit et la plupart des femmes allèrent se promener. Lorsqu’elles rencontrèrent le Bodhisatta, elles lui demandèrent de leur donner un enseignement utile, ce qu’il accepta.

Lorsque le roi se réveilla, il fut furieux de voir que les femmes avaient disparu. Il saisit son épée et partit à leur recherche afin de les punir, ainsi que le Bodhisatta. Lorsque le roi les retrouva, il demanda au Bodhisatta quel était le sujet de son sermon. Il répondit : « La patience », ajoutant qu’il ne fallait pas se mettre en colère même si quelqu’un vous insultait ou vous maltraitait. « Voyons si vous mettez en pratique ce que vous prêchez ! » dit le roi, et il fit appel au bourreau.

Le roi ordonna au bourreau de fouetter le Bodhisatta deux mille fois avec un fouet fait d’épines. Le Bodhisatta était couvert de sang, et le roi lui demanda à nouveau quelle était sa leçon. Le Bodhisatta répondit une fois de plus « la patience », ajoutant que sa propre patience n’était pas superficielle, mais qu’elle résidait dans son cœur. Le roi continua donc à le torturer et à le railler. Il fit couper les mains du Bodhisatta par le bourreau, puis ses pieds, son nez et ses oreilles. Tout au long de ces tourments, le Bodhisatta fit preuve d’une patience parfaite et ne se mit pas en colère. Finalement, le roi lui donna un coup de pied dans la poitrine et s’en alla. Mais avant même d’avoir quitté son parc, la terre s’ouvrit et une boule de feu s’empara de lui, l’entraînant vers le niveau le plus bas et le plus terrible de l’enfer.

Le roi parti, le commandant en chef intervint pour panser les blessures du Bodhisatta. Il loua la patience du Bodhisatta et lui demanda s’il était en colère contre le roi. Le Bodhisatta répondit que non : les âmes pures comme la sienne ne tiennent pas compte des mauvaises actions. Il mourut de ses blessures plus tard dans la journée.

Dans la vie du Bouddha

L’un des disciples du Bouddha était rempli de colère. Le Bouddha lui raconta cette histoire comme exemple de la manière dont on doit agir, et après l’avoir entendue, l’état d’esprit du disciple s’améliora, tout comme celui de nombreuses autres personnes qui écoutaient l’histoire.

Le roi était une incarnation antérieure de Devadatta, un disciple du Bouddha qui devint son ennemi juré, et le commandant en chef était une incarnation antérieure de Sariputta, l’un des principaux disciples du Bouddha.